Comment choisir les projets qui te correspondent vraiment (et que tu vas réussir)

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Photo de cottonbro provenant de Pexels

Cet article est en lien avec les deux épisodes de mon podcast 3,9 qui t’expliquent comment bien choisir tes projets. Tu peux les écouter dès maintenant ici. Bonne écoute et bonne lecture !

Ça nous arrive tous et plus souvent qu’on aimerait l’admettre.

Un ami te propose de rejoindre l’association étudiante dont il fait partie.

Un collègue te demande de participer à ce nouveau projet pour un client important.

Un proche te supplie d’organiser ces vacances avec toute la famille dont vous parlez depuis si longtemps.

Tu aimerais bien dire non. D’ailleurs, en regardant ta to-do-list qui ne tient déjà même plus sur une page, tu sais qu’il faudrait refuser. Et pourtant, presque contre toi, un timide “bien sûr, avec plaisir !” sort de ta bouche.

Tu te retrouves alors embarqué dans des projets dont tu ne voulais pas, qui ne correspondent pas à ce que tu aimes. Pire : dans des projets prédestinés à échouer. Es-tu voué à toujours dire oui et à te lancer corps et âme dans des projets qui ne te conviennent pas ?

Heureusement non, et voici comment…

Apprends à (enfin) dire non

On nous propose quasi quotidiennement des projets, même si on ne s’en rend pas forcément compte. Il s’agit parfois d’une importante requête de ton supérieur hiérarchique. Mais c’est aussi une proposition de soirée, ou une surprise à organiser pour un membre de ta famille.

Quand tu as une nouvelle idée de projet, dire non à toi-même est peut-être un peu plus simple. Mais tu n’as pas à mettre en attente tous tes projets personnels pour pouvoir dire oui à tous les projets professionnels.

Il te faut donc apprendre à dire non. On a toujours de bonnes raisons de dire oui, comme faire plaisir ou se faire bien voir de sa hiérarchie. Et quand il faudrait dire non, on a peur de blesser ou des répercussions professionnelles.

1. Redonnes un vrai sens au oui

En disant oui à tout, tu es surchargé dans ta vie professionnelle et personnelle. Difficile dans ce cas de ne pas être en retard. Le stress et la culpabilité ne sont alors pas loin.

En arrêtant de tout accepter, tu auras plus de temps pour toi et tu seras moins sous pression.

En apprenant à dire non, tu redonneras de la valeur au oui. Ainsi, lorsque tu accepteras un projet, ce sera un choix et non une contrainte. Dire oui sera perçu comme une marque de confiance et de respect par ton entourage. Ce qui aurait toujours dû être le cas.

2. Passe en mode « non » par défaut.

Dire non est un droit.

Dis comme cela, ça semble simple. Et pourtant, on l’oublie bien trop souvent ! A moins que ce qu’on te demande soit un ordre, tu as toujours le droit de dire non.

La prochaine fois qu’on te propose un projet, demande un délai de réflexion. Tu pourras alors utiliser les outils ci-dessous pour prendre une décision consciente.

Parfois, tes refus seront peu appréciés. Comme Stephano l’explique sur son blog Gestion de projet, désacralise la situation : tu ne peux pas être partout et tu n’as pas à tout sacrifier pour le plaisir des autres ! En acceptant toujours plus de tâches, tu finiras par devoir en bâcler certaines. Il vaut mieux dire non qu’accepter et mal faire son travail.

N’oublie pas que chaque refus renforce la puissance de chacun de tes « oui » et les relations qui en découlent.

Apprendre à dire non par défaut est un travail difficile mais qui t’apportera beaucoup : clarté dans tes objectifs, confiance en toi et en les autres, concentration…

Choisis des projets qui te conviennent (vraiment)

Maintenant que tu sais dire non, comment faire le tri entre tous les projets possibles ? Utilise la méthode de l’entonnoir proposée par Fabien Olicard dans son livre Votre temps est infini.

1. Détermine tes filtres

Dans la méthode de l’entonnoir, chaque potentiel projet entre en haut de l’entonnoir et doit passer une série de filtres. Si le projet est coincé en haut de l’entonnoir, débarrasse-toi en immédiatement ! S’il passe l’entonnoir ou reste bloqué dans les derniers filtres, ce projet est intéressant.

Mais que sont ces filtres au juste ?

Un filtre est une raison pour toi d’accepter ou de refuser un projet. Ça peut être :

  • Charge temporelle
  • Développement de la carrière
  • Coût
  • Faisabilité
  • Fun
  • Matériel disponible
  • Conséquences sur la santé

A toi de définir tes propres filtres. Réfléchis à des projets que tu as accepté avant de regretter ou bien des projets que tu as refusé. Pourquoi avais-tu pris ces décisions ?

2. Ordonne les filtres pour créer ton entonnoir

Organise ensuite tes filtres du plus important au moins important pour toi.

Par exemple, pour mes projets professionnels, j’utilise l’entonnoir suivant : charge temporelle > faisabilité > fun > développement de la carrière. Si un projet est bloqué en haut de l’entonnoir, alors il sera probablement mis de côté. A l’inverse, s’il arrive quasiment jusqu’en bas, c’est bon signe !

A toi de choisir ce qui te convient le mieux. Tu peux créer plusieurs entonnoirs avec des filtres différents, par exemple entre projets professionnels et personnels.

3. Teste ton entonnoir (maintenant !)

Aussitôt ton entonnoir créé, essaye-le ! Tu as sûrement de potentiels projets en attente dans ta vie pro ou perso. C’est en testant ton entonnoir que tu pourras l’ajuster au mieux. Avec le temps et l’exercice, il sera de plus en plus précis. Pas de panique, il changera probablement avec tes aspirations et tes motivations.

La méthode de l’entonnoir va te permettre de formaliser ta réflexion sur chaque proposition. Au lieu de toujours dire oui (souvent par contrainte…), tu peux peser le pour et le contre et prendre une décision réfléchie. Plus tu utiliseras ton entonnoir et plus ce processus sera rapide.

Cet entonnoir doit te guider mais pas te contraindre dans tes décisions. Par exemple, un projet professionnel demandant une charge temporelle importante risque de ne pas passer le premier filtre de mon entonnoir. Cependant, si je considère que le projet passera tous mes autres filtres haut la main, alors je prends le temps de réfléchir. Peut-être puis-je l’accepter en libérant du temps ailleurs ?

Tes filtres te permettent de mieux décider mais ta réflexion ne doit pas s’arrêter là. Fais des compromis sans perdre ton objectif de vue : dire adieu aux projets qui ne te correspondent pas et dire oui à ceux qui en valent vraiment le coup !

Suis les projets qui en valent la peine

Tu sais maintenant sélectionner les projets qui te correspondent. Un projet peut te plaire mais s’il est voué à l’échec, il serait plus judicieux de ne pas le commencer. Alors comment savoir quel projet vaut le coup ?

Cette question, Elon Musk se l’est longuement posée avant de fonder SpaceX. En 2002, l’entrepreneur américain investit ses économies issues de la vente de PayPal. Il crée alors SpaceX, avec l’ambition de révolutionner le secteur du spatial. Un doux rêve pour beaucoup d’analystes de l’époque. Alors pourquoi se lancer alors que tous prédisaient un naufrage ?

En 2014, interviewé pour l’émission américaine 60 minutes, Elon Musk explique avoir toujours pensé qu’il échouerait. Lorsque le présentateur lui demande pourquoi s’être lancé dans ce cas, il dresse le tableau suivant :

  • Si SpaceX réussissait (10 % de chance d’après l’entrepreneur), ce serait un bond en avant vers la conquête spatiale
  • Si SpaceX échouait (90 % de chance), une autre entreprise pourrait prendre la relève et continuer le travail. Cela aurait donc été utile.

Elon Musk n’a pas fondé SpaceX parce que c’était un rêve d’enfant qui lui semblait à sa portée. Il a créé cette entreprise parce qu’il pensait que même en cas d’échec, le résultat global serait positif.

Estimer les chances de succès d’un projet et ses conséquences va te permettre de prendre de meilleures décisions au quotidien. Voici comment faire.

1. Arrête de suivre ton rêve

On dit souvent qu’il faut suivre ses rêves coûte que coûte et qu’en étant suffisamment on y arrivera. Mais est-ce vraiment le cas ?

En réfléchissant quelques instants, on trouve une infinité d’exemples qui prouvent à quel point cette théorie est erronée. Tous ces étudiants qui travaillent des centaines d’heures sans décrocher leur diplôme. Tous ces candidats qui malgré leurs efforts ne sont pas élus. Tous ceux qui aimeraient devenir acteurs, astronautes, chanteurs, et qui n’atteignent jamais leurs rêves. Difficile de penser qu’ils ont échoué simplement parce qu’ils n’étaient pas assez motivés.

La vérité, aussi cruelle qu’elle puisse paraître, est simple : la motivation seule ne suffit pas. Pire, approcher un projet ainsi, c’est refuser de l’évaluer rationnellement. Au lieu de vouloir accomplir tous tes rêves, tu peux déjà te demander :

  • Cet objectif est-il suffisamment désirable pour valoir le risque ?
  • Ai-je d’autres objectifs aussi désirables mais moins risqués ?

Un de tes rêves est de lancer une chaîne YouTube ? Si tu considères qu’il est suffisamment désirable malgré le risque, il est temps de se demander quelles sont tes chances de réussite. Pour cela, commence par définir clairement ton objectif en utilisant la méthode SMART. Par exemple, cela peut être d’avoir une chaîne YouTube avec 1 000 abonnés en un an.

2. Estime tes chances de réussir

Comment déterminer tes chances de succès dans ce projet ? Cette épineuse question est essentielle pour bien choisir. Mais lorsqu’on te demande si tu es capable de réussir, ta première réponse sera un oui franc. Et ce n’est pas ta faute.

Quand certains ont tendance à sous-évaluer leurs compétences et manquent de confiance en soi, d’autres font l’inverse. Pour voir une vision réaliste de tes chances, transforme ton objectif en pari. Ainsi, tu seras forcé de prendre un regard extérieur sur la situation.

Une fois que de l’argent est en jeu, tu dois être le plus précis possible. Et tant pis pour ton ego !

Imagine mettre 10 000€ en jeu. Si tu réussis tu reçois le double, mais si ton projet échoue tu perds tout. En y réfléchissant bien, est-ce que tu veux vraiment te lancer ?

Dans son livre The Scout Mindset, Julia Galef propose un outil pour être encore plus précis. Avec son test du pari équivalent, tu peux quantifier tes chances de réussite.

Le principe du test est simple : tu veux savoir si tu vas réussir ce nouveau projet dans lequel tu aimerais te lancer. Tu as deux options

  • Tu reçois 10 000€ si tu réussis le projet.
  • Tu pioches dans une urne contenant 1 boule blanche qui rapporte 10 000€ et 3 boules noires qui ne rapportent rien.

Si tu préfères piocher dans l’urne alors que tu n’as qu’1 chance sur 4 de remporter les 10 000€, cela veut dire que tu penses avoir moins de 25 % de chance de réussir le projet. Recommence le test en variant le nombre de boules noires :

  • Si tu penses avoir plus de 25% de chance de réussir, diminue le nombre de boules noires
  • Si tu penses avoir moins de 25% de chance, augmente le nombre de boules noires.

Quelles sont tes chances de réussir à lancer ta chaîne YouTube ? En commençant avec 1 boule blanche et 3 boules noires, tu choisis certainement l’urne. Tu penses donc avoir moins de 25% de chance de réussir. En réessayant avec 1 boule blanche et 19 boules noires, tu préfères parier sur ta réussite. Tu peux donc réduire le nombre de boules noires à 14 par exemple. Si tu hésites entre les deux options, tu sais alors que tu estimes tes chances de réussites à 1 sur 15 donc à 7%.

N’oublie pas de tenir compte du biais du survivant durant tes estimations. En effet, tous les YouTubers qui ont réussi conseillent de se lancer et d’essayer, en prenant exemple sur eux qui ont bien réussi. Mais il ne faut pas oublier tous ceux qui ont également tenté leur chance, ont échoué, et sont donc invisibles. Leur absence biaise donc tes estimations en surévaluant tes chances de réussite.

3. Prends les paris qui en valent la peine

Une fois que tu as estimé tes chances de réussite, tu peux te demander si se lancer dans ce projet en vaut vraiment la peine. Si se lancer dans un projet qui a de fortes chances de réussir est facile, qu’en est-il des projets qui risquent d’échouer ? Faut-il les laisser au placard ?

En fait non. Certains projets valent le coup d’être tentés, même s’ils ont une faible chance de succès. Il te faut donc départager ceux qui en valent vraiment la peine. Pour cela, détermine les conséquences positives et négatives en cas de réussite et d’échec.

D’un côté, si tu parviens à lancer ta chaîne Youtube, tu auras créé une communauté, obtenu une visibilité sur Internet, peut-être même commencé à gagner de l’argent avec, etc…

De l’autre, si tu échoues, tu auras perdu du temps, de l’argent pour acheter le matériel, mais tu auras appris à créer du contenu, à le diffuser, à gérer une communauté sur les réseaux sociaux, etc…

Ton projet en vaut la peine si ses conséquences seront globalement positives même en cas d’échec : c’est l’espérance de ton projet (au sens mathématique). Pour cela, tu peux faire le “calcul” suivant :

Espérance du projet = (% de réussite x conséquences en cas de réussite) – (% d’échec x conséquences en cas d’échec)

Si l’espérance de ton projet de chaîne YouTube est positive, alors lance-toi ! Même si tu échoues, les conséquences positives seront supérieures aux négatives. Quand Elon Musk a fondé SpaceX, il ne l’a pas fait parce qu’il pensait réussir mais parce que l’espérance de son projet était positive : même en échouant, il aurait significativement fait avancer la science et l’industrie spatiale.

Mais attention ! Même avec une espérance positive (donc des retours attendus positifs), il est possible qu’en pratique un projet soit un désastre pour une raison extérieure. Et c’est normal. Comme pour tout, il existe une variance dans la réussite causée par des facteurs que tu ne maîtrises pas. Heureusement, cela signifie que même si tu échoues cette fois, si tu continues de prendre des paris à l’espérance positive, tu réussiras ou recevras plus de retours positifs que de pertes.

Même un projet fou comme d’aller sur Mars peut valoir la peine d’être tenté. En effet, si en ayant cet objectif en tête tu acquiers de nouvelles compétences, tu pratiques beaucoup de sport et te surpasses chaque jour, alors peu importe que tu poses un jour le pied sur la planète rouge, ta route aura été plus que positive. Le chemin est plus important que la destination !

Conclusion

Tu es quotidiennement sollicité pour rejoindre des projets. Et quand ce ne sont pas les autres, c’est toi qui veut te lancer tel ou tel objectif.

N’oublie jamais que tu as le droit de dire non.

Certains seront mécontents, c’est certain. Mais en disant non, tu peux enfin dire oui et avoir du temps pour ce qui te tient vraiment à cœur.

Aie conscience que même en te donnant à fond, tu vas (parfois) échouer. C’est certain. Mais en pariant sur les bons projets, même un échec sera bénéfique. Et que dire de tes réussites !

Savoir que tu peux échouer te donnera le courage de prendre les bons risques. Et lorsque tu auras atteint tes rêves, il ne te restera plus qu’à dire « J’ai toujours pensé que j’échouerai. Mais je l’ai fait parce que cela valait le coup d’essayer. ».

Merci d'avoir lu cet article ! Si tu veux t'améliorer dès aujourd'hui, tu seras sûrement intéressé par mon livre "Ce que les études ont oublié de t'apprendre pour réussir". Clique ici pour télécharger mon guide maintenant 😊

Créateur de smartjeunes. Je suis passionné par les sciences depuis mon enfance et par le théâtre. J'ai obtenu une licence et un master en biologie, et effectue maintenant un doctorat en cancérologie. Le développement personnel est une autre de mes passions. J'ai créé le podcast 3,9 et smartjeunes pour donner à tous les astuces et connaissances oubliées par les études supérieures en France.
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[…] la chandelle. Cette boussole te guidera toute ta vie et permettra de faire les meilleurs choix, sans jamais les regretter. La vie est une aventure incroyable une fois qu’on sait dans quelle direction […]

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[…] importante pour te lancer, pour définir ton objectif, l’itinéraire que tu vas suivre et pour savoir si tu souhaites te lancer dans ce projet. Une fois que tu es dans l’action, une fois que ta décision est prise, ce qui compte […]